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10 Fév

Interview de Louisa Marajo

PHOTO LOUISA

“Il faut croire en soi, rester simple, être patient et surtout ne pas se comparer aux autres. Chacun a son chemin singulier.”

Je vous invite aujourd’hui à me suivre dans l’univers de Louisa, une jeune artiste peintre martiniquaise.

Un univers que l’on pourrait croire sombre dans un premier temps par l’utilisation fréquente du noir mais qui en réalité déborde de vie, de dynamisme, de lumière. Cette jeune femme est tout simplement éblouissante et à l’image de ces oeuvres mystérieuse, vertigineuse et d’une dimension incommensurable. Je dois vous avouer qu’il n’est pas chose aisé que de percer la bulle de l’énigmatique Louisa mais c’était sans compter sur ma ténacité comme on dit chez nous « Tèt Mwen Rèd ! » et j’en suis ravie car c’était l’occasion idéale de m’imprégner de son univers. J’ai découvert une artiste au grand coeur avec une grandeur d’âme, de l’humour, de la simplicité et je souhaite la remercier pour cela. Elle est de ces êtres qui nous marquent et que l’on n’oublie pas. Je vous laisse donc découvrir ce petit bout de femme aux oeuvres porteuses d’espoir.

 

12402153_10153320572895098_2165887835748526013_oBonjour Louisa, merci d’avoir accepté cette interview. Tout d’abord pourrais tu te présenter pour ceux qui ne te connaitraient pas.

Louisa, jeune artiste de 28 ans originaire de la Martinique, vivant désormais à Paris.Je fais de la peinture (sur bois, sur mur) avec des photographies (qui deviennent les matériaux de la peinture).
Quel a été ton parcours ?

Après un Bac scientifique passé au Lycée Bellevue en 2005, j’ai fait des études à l’Ecole supérieure d’Art et de Design de St Etienne où j’ai obtenu un DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique) en 2010.
J’ai ensuite quitté St Etienne pour Paris.
En 2012, au bout de 2 ans d’études à La Sorbonne (Paris 1), j’en ressortais diplômée d’un Master 2 d’Arts Plastiques.
Puis, durant 6 mois, j’ai été prof de dessin/peinture dans une association à Sarcelles.
Après cette expérience, j’ai décidé de passer le concours du CAPES pour enseigner au collège ou lycée.
Et voilà maintenant deux ans que j’enseigne les arts plastiques dans un collège, ce qui me permet d’avoir du temps pour mon véritable « travail», qui est l’élaboration de mes peintures.

Quels en sont les dates clés selon toi ?2012_studio_06

En 2009, j’ai passé 4 mois en Allemagne grâce au dispositif ERASMUS. J’ai beaucoup produit durant ce temps, je n’avais que cela à faire. J’étais au contact d’une très grande artiste, Silvia Bächli, qui a un travail très dépouillé et essentiel. 

J’admire sa rigueur, elle est pour moi un modèle et travailler sous son regard me procurait une énergie folle.


Sinon, beaucoup de moments de la vie sont importants à mes yeux. Je crois qu’on ne se rend compte de leur nécessité que beaucoup plus tard.

Quel message souhaiterais tu faire passer aux jeunes ou moins jeunes pour les motiver à aller audelà de leurs limites à se réaliser pleinement?23x31cmencadrc3a92

Il faut croire en soi, rester simple, être patient et surtout ne pas se comparer aux autres. Chacun à son chemin singulier.

Enfin, c’est en prenant des risques que l’on réussit. La réussite n’étant pas une fin en soi, l’expérience vécue pour tenter d’y arriver étant beaucoup plus constructive. En clair, ne jamais cesser d’essayer.

Qu’est ce qui t’inspire aujourd’hui ? Quelles sont tes Influences ?

Je m’intéresse beaucoup à l’œuvre de l’artiste américain Frank Stella, qui est passé d’un certain minimalisme à un style pourrait-on dire « baroque kitch ». J’ai l’impression qu’il a compris la relation nécessaire de choses totalement opposées. Sa peinture a évolué d’une façon inattendue, c’est ce qui me fascine : cette créativité imprévisible. Cela me fait penser à la pensée d’Edgar Morin qui parle de « complexité » dans le sens, pour faire simple, que les contraires seraient complémentaires.

 

800px-JayPritzkerPavillionSPIl y a aussi l’œuvre de l’architecte Frank Gehry qui provoque un désordre à travers une prolifération des plans s’entremêlant. Cela paraît chaotique mais ça tient, de l’unité se dégage de cette profusion.Je recherche constamment cette façon de produire du mouvement, du tremblement, un effet de chute vertigineuse.

 

 

 

Comment définirais-tu ton art ?photo expo novembre 2015-2(220x110x5cm)

Il est continu, mais aussi imprévisible. Il évolue en ayant en mémoire ce qui s’est produit avant tout en étant sensible à ce qui advient malgré moi. Il est en mouvement et très empirique.

Comment représentes-tu la caraïbe à travers ton art mais aussi au quotidien ?

La caraïbe évolue sans cesse je crois. Cette façon de se métamorphoser et de se renouveler se retrouve dans mon travail, donc si on devait faire un lien entre la Caraïbe et mon art se serait celui-là.
Quelle est ta passion ? Qu’est ce qui te fait vibrer ?

Être en train de créer de nouvelles images (même s’il y en a déjà assez autour de nous).

Quelle est selon toi ta plus belle réalisation de l’année ?

vue triptyqueSITE

Cette oeuvre selon moi.

De quoi estu le plus fière ?

Une ligne Sur un papier Sa présence
Tu crois qu’on va me trouver perchée? :)
Quand tu commences à dessiner juste tracer une belle ligne ça me fait quelque chose Ça crée un espace Un monde en soi. Quand le papier est blanc il n’y a pas d’espace et dès que tu traces une ligne il y a un espace qui se génère, qui commence…

Quel genre de femme estu aujourd’hui ? 11406414_10206175837609311_4190501905405275330_o

Peut-être que l’on pourrait me qualifier de solitaire, mais je suis une artiste épanouie, spontanée et surtout gourmande alors je compense avec énormément de sport.

Quand je travaille mes peintures c’est une sorte de dépense physique bien que ça soit mentale avant tout. Mon art me permet de laisser une trace personnelle sur ce monde et surtout de partager une vision du monde, une manière d’appréhender le monde comme je le ressent. Soit chaotique compliqué incompréhensible, un flux d’images permanent et déséquilibré qui nous aspire.Je fais des images qui ressemblent à cette sensation du monde.Quelque chose qui tremble en permanence et qui peut exploser ou qui est en train d’exploser (déconstruction créatrice)

Parlesnous un peu de ton actu. Astu encore des rêves ? Lesquels ? Oui oui on veut tout savoir. 11825160_10153496654557037_5244500373453325782_n

Pas d’expo en perspective, plutôt une phase de recherche.
Des rêves, oui plein! Faire le tour du monde avec un carnet de dessins. Ramenez toutes ces expériences et en faire quelque chose.
Ou encore, produire toute la journée, ne faire que ça. Vivre six mois en Martinique, six mois en France métropolitaine ou à New-York…

Si tu étais une chanson tu serais ?

« Une dernière fois » de Nathalie Perroni.

 

 

 

Si tu étais un animal tu serais ?11402352_851498058276340_3715894383195757812_o

Je serais un chat pour son mystère.

Je vais te demander de fermer les yeux de faire appel à tes 5 sens et de me dire ce qui te vient quand on te dit MARTINIQUE

Alizés – couleurs – paysages magnifiques – diversité – profusion – fragilité
Et bien sûr amour.

Merci encore Louisa pour ce moment privilégié je t’envoie tout plein de rayons de soleil et espère te voir très bientôt sur la Martinique. En attendant je laisse nos lecteurs découvrir tes sublimes oeuvres.

Contact:

louisamarajo.com

(Archive du 4 janvier 2016 )

Yetta.U

Epicurienne dans l'âme, passionnée d'art et de design partagez avec moi mon univers teinté d’influences caribéennes et de mes coups de coeurs de part le monde. Tel une cure de jouvence entrez vous aussi dans le bain ÜART !

2 Comments
  • Jayden

    Hola muchas grassasssssssssics, habria estado bien ese viaje al caribe para alguien en paro y que lleva 6 años sin viajar pero igual os agradezco un monton el premio. ADORO LA FRUTA FRESCA, ya estoy deseando comerme una buena macedonia esta vez de calidad llallao GRACIAS Y SUERTE A LOS QUE SIGUEN EN EL CONCURSO

    3 septembre 2016 at 14 h 17 min Répondre

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